Madagascar forêt primaire
Un long séjour au bout du monde, dans un sanctuaire naturel. Le pas a été franchi.


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Comment brader un Patrimoine Mondial, UNESCO

Dernières dérives environnementales à Masoala  Implantations anarchiques d’infrastructures  touristiques dans le plus total mépris des lois environnementales et du code  du tourisme !!!Entre 2000 et 2004 les premières implantations touristiques dans l’ouest de Masoala ont fort  légitimement  été soumises à un régime drastique.Etude d’impact, programme d’engagement environnemental puis signature d’un cahier des charges avec l’ANGAP (Agence Nationale de Gestion des Aires Protégées) pour quelques bungalows en matériaux locaux : planches, feuilles et tiges de Ravinala.Ensuite ils ont du suivre la procédure légale : demande d’avis préalable, demande de permis de construire, régularisation  de l’aspect foncier , enfin après vérification de conformité avec le plan initial, autorisation d’ouverture.Pour certains ces démarches ont duré prés de cinq années. Mais leur bien fondé n’a jamais été remis en question par les intéressés car la préservation du patrimoine naturel unique et sa mise en valeur respectueuse étaient  la finalité.

Mais voilà qu’émergent des nouveaux projets sans foi ni loi qui n’ont semble-t-il de comptes à rendre à personne et surfent bien au dessus des lois. Aucune étude d’impact, aucune mesure d’atténuation pour l’environnement naturel, aucune mesure compensatoire pour les riverains, certains villageois se retrouvent pourtant spoliés de leurs terres et de leurs parcelles de forêt.

Le plus choquant est sans nul doute celui mené par une grande agence de voyage, experte  du tourisme  jusqu’au USA .Propriétaire de prestigieux hôtels elle ne peut ignorer les règles ni les fondements d’un tourisme respectueux de son environnement. Son implantation se situe dans une zone qui avant le début du chantier  abritait une forte biodiversité ( photo ci-dessus). Vise-t-elle réellement un public écotouristique ou envisage-t-elle du balnéaire à Masoala ?

Dans les années 2004, un Dina, contrat signé par les villageois et imposé par l’ANGAP, stipulait que tout terrain abandonné par ses propriétaires qui ne résideraient plus sur place dans le village d’Ambodiforaha deviendrait automatiquement propriété de l’état.Plus de 2 ans après qu’un terrain ait été totalement abandonné par des personnes résidant à Ambanizana et par leurs  zébus, des gens influents  sont parvenus à redémarrer une procédure foncière et à aboutir  au bornage de plus de 7ha, dont 70% de forêt primaire dans le lieu-dit  Lohatrozona ! Du temps de la mise en valeur effective, la surface utilisée n’excédait pourtant pas 2ha. Les limites du parc et les appellations et statuts de ses zones périphériques sont des concepts évolutifs : en 2004 Lohatrozona était compris dans le noyau dur du Parc National et la zone périphérique de ce secteur. Avant l’émergeance des nouveaux projets le secteur était considéré comme Zone d’Occupation Contrôlée. 

 

               
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Des travaux lourds de barrages en béton armés et détournement  de rivière limitrophe du noyau dur ont commencé initialement sans même l’existence d’un permis de construire.Depuis plusieurs mois le chantier situé à moins de 100m de la piste la plus essentielle pour l’écotourisme à Masoala  « la piste des Varis roux », a abrité jusqu’à plus de 40 travailleurs.Aucun WC  pour ces personnes qui se soulagent dans la rivière, sur la plage ou le long de la piste en forêt primaire. Le combustible pour leur repas proviendrait-il de Maroantsetra ? En aucun cas, ils prélèvent leur bois pour cuisiner dans la forêt de Masoala. Dans le village on entend parler de commandes de planches et de bois d'œuvre sur place. Les autres opérateurs avaient été contraints d'acheminer leur bois depuis Maroantsetra en bateau (40kms) pour ne pas dégrader le site naturel.Beaucoup plus grave, des rumeurs avancent que les repas proviennent de la forêt, plus précisément de la faune locale, voir même des Varis roux. C’est vraisemblable car les gardiens affirment qu’ils sont armés et l’un des chefs de chantier a la réputation d’un fin tireur… de lémuriens !Des écotouristes se sont déjà plaints depuis janvier 2012 de l’état déplorable des pistes écotoutristiques et de leurs abords : déjections humaines, déchets, arbres coupés…Des guides ont fait des rapports restés sans suite au MNP (Madagascar national Park).Une autre calamité à déplorer, mais malheureusement pas la dernière, c’est l’impact paysager.
 
     
 
Jusque dans les années 2008,  les gestionnaires martelaient régulièrement  des consignes pour améliorer l’intégration paysagère de petits bungalows pourtant bien discrets car construits en matériaux locaux. Actuellement des hors la  loi  décaissent allègrement plusieurs centaines de mètres cubes de latérites créant des plaies béantes dans les collines de Masoala visibles à plusieurs kilomètres de la côte et plusieurs centaines de sacs de ciments sont déjà sur place. Deux poids, deux mesures, une législation  implacable appliquée au pied la lettre pour les personnes respectueuses de l’environnement, des passe-droits illimités et aveugles  pour des gens sans scrupules…L'écotourisme jugera….

 

Entre la Lodge le plus au sud et Lohatrozona, 8 projets d’hôtels supplémentaires existent. Sur les trois nouveaux chantiers  sérieusement avancés, un seul dispose d’autorisations nécessaires et a suivi les démarches légales. Peut-on parler de planification d’implantation des infrastructures ? Pourquoi assiste-t-on à une telle concentration d’aménagements touristiques sur seulement une infime portion du littorale, moins de 3kms ? Alors que le périmètre de la Péninsule de Masoala avoisine 200kms et que la partie ouest dépasse les 80kms ? Tout le monde sait pourtant que par sa nature l’écotouriste fuit avant tout la promiscuité. 1% du pourtour va concentrer à lui seul 80% des infrastructures, où se trouve le schéma d’aménagement global, quelle vision pour l’avenir ?Les gestionnaires des aires protégées ont largement communiqué sur la notion de capacité de charge d’un milieu naturel sensible, ils ont même légiférer en limitant par exemple à Nosy Mangabe à moins de 100 visiteurs/jour. Des conséquences désastreuses sont à craindre sur l’actuel équilibre précaire entre écosystèmes et biocénoses, villageois et opérateurs touristiques. La pression sur les milieux naturels va augmenter de façon exponentielle. Cela aura forcément des impacts sur la biodiversité ; lorsque cette dernière aura chuté, l’attrait du site diminuera. Quelle logique à long terme les Décideurs et Bailleurs pressentent-ils dans un tel contexte ?

 

  

Publié à 19:05 le 27/01/2012
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Pour agir...

Pourquoi ne pas nous donner les mails ou une adresse internet où nous pourrions écrire aux responsables de ces monstruosités afin qu'on leur dise ce qu'on en pense ?

Publié par Alex à 11:26, 10/02/2012

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