Madagascar forêt primaire
Un long séjour au bout du monde, dans un sanctuaire naturel. Le pas a été franchi.


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Masoala, le coup de grâce ?

Après le pillage illicite des bois précieux, une catastrophe naturelle s’abat  sur Masoala. Les Sages et Anciens croient reconnaitre en cela une punition divine.  Après  avoir bafoué les nombreux Fady de cette zone hautement sacrée et profané ce sanctuaire vient l’heure du châtiment selon les mystiques.  

Bingiza a violemment frappé la partie ouest de la Péninsule de Masoala. On déplore plusieurs morts. Beaucoup de petites cases traditionnelles ont été balayées. Les intempéries ont également détruit  les affaires personnelles. Plus grave encore les plantations de manioc, canne à sucre, bananes, cafés sont sévèrement touchées. Les rizières sont ensablées. Girofliers et vanilles sont endommagés. Le kapok de riz atteint presque 1 euro actuellement sur place. Inabordable pour la majorité. Le cyclone a complètement détruit des écoles. Les villageois encore sous le choc cherchent désespérément des rentrés d’argent…

 

Plusieurs dizaines d’éboulements balafrent la Péninsule à l’est et à l’ouest. "Infection" des saignées déjà amorcées par les coupes et débardages de bois précieux ?

La forêt littorale semble particulièrement touchée. Le long des plages,  des arbres, Foraha, Fomtabe, Antafana jonchent le sol.  Le niveau de la mer recouvrait en partie celle-ci pendant le cyclone.

 

La forêt de basse et moyenne altitude a été rudement frappée sur les versants ouest des collines.

On observe des éboulements sur les parties ouest et est de la Péninsule.

On a l’impression que parmi les arbres  dominants et la strate supérieure plus de 40% des arbres ont totalement perdu leurs feuilles.

Les dominants et grands arbres survivent pour la plupart, mais tous ont été malmenés et ont perdu une partie de leur feuillage et branchage.

Les arbres tombés de plus de 60 cm de diamètre présentaient des blessures ou signes de faiblesse antérieurs au cyclone. Les lianes semblent avoir massivement  souffert.

A contrario sur les versants est, notamment dans les fonds de vallées, les écosystèmes sont relativement bien épargnés.

Dans lagons, on voit parfois des massifs de Porites retournés, des échinodermes sectionnés à la base, des coraux libres morts massivement et des coraux branchus particulièrement atteints.Selon des villageois, 2 à 3 jours après le cyclone des centaines de concombres de mer, des dizaines de bénitiers et de pieuvres, ainsi que quelques assez gros poissons se sont échoués sur les plages.Les sentiers sont pour la plupart inutilisables. Les éboulements et les arbres tombés en travers des chemins compliquent considérablement les déplacements entre villages.  

Indubitablement pour les fervents de Masoala, il existera désormais un avant et un après Bingiza.

Mais les bourgeons apparaissent déjà sur les branches défeuillées.  Miracle, les Bois de rose encore vivant fleurissent annonçant graines à foison et  régénérescence. Qui sait, si cesse l’irresponsabilité et arrive la prise de conscience, pourrait-on envisager la pérennité de l’espèce ?

 

Publié à 18:32 le 5/03/2011
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